Distribuer

La régie Eau de Paris assure, depuis le 1er janvier 2010, la distribution de l’eau potable jusqu’au robinet des Parisiens, mais aussi la gestion et la maintenance des réseaux (canalisations, vannes, etc.), l’installation des nouveaux branchements et la gestion de plus de 32 000 appareils publics (bouches d’incendie, fontaines Wallace, bouches de lavage…). 

Les eaux souterraines ou de rivières captées, sont traitées, puis stockées aux portes de Paris dans cinq grands réservoirs :

  • les eaux de l’Avre traitées à l’usine de Saint-Cloud sont stockées dans le réservoir de Saint-Cloud,
  • les eaux de la Vanne traitées à l’usine de L’Haÿ-les-Roses et les eaux de Seine traitées à l’usine d’Orly, sont stockées dans le réservoir de L’Haÿ-les-Roses,
  • les eaux du Loing traitées à Sorques et à Longueville (regroupant les eaux du Loing, du Lunain et de la Voulzie) pouvant être complétées des eaux de la Vanne et de la Seine, arrivent au réservoir de Montsouris,
  • les eaux de la Marne (traitées à Joinville) auxquelles peuvent s’ajouter les eaux de la Vanne et de la Seine, sont stockées dans les réservoirs de Ménilmontant et des Lilas.

Cette capacité de stockage équivaut à deux jours de consommation.

Compte tenu de la cReservoir de Montmartreonfiguration de Paris, en cuvette, le réseau est découpé en zones d’altitude. La partie la plus basse, soit le cœur de la Capitale, est alimentée par le réservoir de Montsouris. Les parties hautes le sont par les réservoirs de L’Haÿ-les-Roses (au sud), de Saint-Cloud (à l’ouest) et de Ménilmontant et des Lilas (à l’Est). Enfin, les points culminants de la ville - la butte de Belleville et celle de Montmartre - bénéficient d’un réseau relevé, grâce à des usines de pompage et trois châteaux d’eau. À tout moment, une pression minimale de 2,5 bars (soit l’équivalent de 25 m) est garantie au pied des immeubles parisiens. 

En fonction de leur lieu de résidence, les Parisiens bénéficient d’un mélange d’eaux souterraines et d’eaux de rivières potabilisées. Ces eaux en sortie de robinet sont toutes d’excellente qualité, quelles que soient leurs provenances.

Découvrez la provenance de votre eau !

UN RÉSEAU D’EAU DENSE ET VISITABLE

Descente en égouts

Le rendement du réseau – rapport entre l'eau effectivement consommée et l'eau produite – est de 91,4 % (indicateur Onema). Ce très bon résultat est d’autant plus significatif que la typologie de Paris – l’une des villes les plus denses au monde avec 20 000 habitants/km²  – se traduit par un réseau très fourni et atypique. Son réseau d’eau potable intra-muros représente 1 900 km de canalisations, dont 70 % sur la rive droite de la Seine et 30 % sur la rive gauche. 90 % des conduites d’eau potable se situent en égout ou en galerie et peuvent se visiter à pied. Les autres sont des conduites enterrées. La structure unique de ce réseau ainsi que les diverses campagnes annuelles de vérification des canalisations permettent de détecter et de réparer très vite la moindre fuite. 

1 200 POINTS D’EAU POTABLE DANS LA RUE

L’entreprise veille également à favoriser Fontainier de l'entreprise Eau de Parisl’accès à l’eau pour tous en gérant notamment une partie de l’important réseau des 1 200 points d’eau dans les rues, les parcs et les bois : fontaines Wallace, du Millénaire, à l’Albien, Pétillante, Totem, bornes fontaines dans les jardins publics, points d’eau aux sanisettes…

Afin de garantir un accès à l’eau dans toute la ville, Eau de Paris a en charge les 136 fontaines à boire de la capitale situées sur la voie publique (Wallace, Millénaire, bornes fontaines et la Pétillante). Les points d’eau situés dans les parcs et espaces verts sont gérés par les services municipaux. En partenariat avec les services sociaux, l’entreprise a identifié 17 points à maintenir ouverts toute l’année, même en période de gel – sauf cas extrême –, afin de permettre aux sans-abri d’accéder à la ressource.

GARANTIR L’EAU POUR TOUS, C’EST AUSSI ALIMENTER LES SQUATS

Le règlement du service public de l’eau, révisé en 2012, ouvre la possibilité pour la ville de Paris de maintenir l’alimentation en eau, dans le cadre d’une autorisation accordée à titre exceptionnelle (hypothèse d’une occupation d’une propriété privée par des usagers ne justifiant d’aucun droit ni titre). Eau de Paris a ainsi maintenu en eau trois immeubles parisiens et signé fin 2012 des conventions de fourniture d’eau avec les représentants de deux d’entre eux qui acquittent leur facture d’eau. Ce dispositif essentiel permet aux squatters de disposer de conditions décentes au quotidien, l’eau constituant le premier des biens nécessaires à la vie.

Eau de Paris assure la facturation de l’eau potable aux abonnés quatre fois par an. Environ 400 000 factures sont éditées chaque année. Elle conduit cette activité grâce à un dispositif pratique et efficace de télérelevé. Cela permet de fiabiliser la facturation désormais établie sur la base de consommations d’eau réelles et non plus sur des relevés manuels semestriels.

L’abonné peut également disposer de services supplémentaires : un abonnement gratuit à l'Agence en ligne permet de disposer d’indications sur les volumes de consommation, sur les factures et paiements, et de recevoir des alertes sur les suspicions de fuite ou consommations anormales. 

Consommation mensuelle sur Novéo

 

Le télérelevé est un mode de relevé des consommations d’eau à distance qui utilise une infrastructure fixe et les ondes hertziennes pour transmettre les données. Cette technologie est très prisée des collectivités dans le domaine du comptage de l'eau car elle permet une collecte relativement rapide des informations (48h) en s'appuyant sur des équipements autonomes en énergie et ne nécessitant pas le passage d’un opérateur terrain. A Paris, elle a été mise en place en 2004 et en 2005. Cette technologie a d’autant plus d’intérêt que les compteurs se situent dans les caves dans des endroits souvent difficiles d’accès. Aujourd’hui, 99 % des 93 900 compteurs parisiens sont équipés de télérelevé.

Comment ça marche ?

Cette technologie s'appuie sur des transmissions par ondes hertziennes. Le nombre d'impulsions relevé sur les compteurs est envoyé plusieurs fois par jour. D'autres informations transitent également par ces ondes.

  • Les systèmes de comptage sont installés en pied d'immeuble, presque toujours dans les caves. 
  • Un émetteur situé sur les compteurs transmet par les ondes les données de consommation à un répéteur placé dans la cage d’escalier, dans la cour d’un immeuble ou sur des candélabres dans la rue.
  • Des concentrateurs installés sur les toits recueillent et transmettent les données des répéteurs à Eau de Paris, qui se charge d'exploiter les données.

Approvisionner Paris en eau, c’est avant tout garantir une eau de qualité 24 heures sur 24, en toutes circonstances. Depuis son captage jusqu’au robinet des usagers, l'eau distribuée subit un double contrôle : externe par un laboratoire indépendant agréé par le Ministère en charge de la Santé (contrôle sanitaire) et interne par le laboratoire d’Eau de Paris (surveillance sanitaire).

L’eau de Paris est ainsi le produit alimentaire le plus contrôlé avec plusieurs centaines de milliers d'analyses réalisées par an et le mieux tracé avec en moyenne dix point de contrôle, de la ressource au point de consommation.

LE LABORATOIRE D’EAU DE PARIS

Installé à Ivry-sur-Seine (94) et disposant d'une équipe pluridisciplinaire de 75 personnes, le laboratoire de l’entreprise dote le service de l’eau parisien d’un outil sans équivalent.

Le pôle consacré à l’activité d’analyse comprend quatre départements : prélèvements, logistique et clientèle, microbiologie, chimie minérale et, enfin, chimie organique. Ce pôle est notamment chargé de l’autosurveillance sur les lieux de prélèvement, sur les points de mise en distribution (à la sortie des réservoirs) et dans le réseau de distribution. Il réalise chaque année environ 50 000 analyses sur des échantillons et mesure plus de 300 000 paramètres.

Le laboratoire mène aussi des missions d’expertise sur toutes les questions concernant la qualité de l’eau. Outre ses activités pour Eau de Paris, le laboratoire assure également, dans un cadre concurrentiel, des missions d’analyse sur d’autres installations.

Contrôles et autosurveillance

Laborantine

Depuis janvier 2010, l’agence régionale de santé (ARS) d’Ile-de-France a organisé la capitale en quatre unités de distribution (UDI) correspondant chacune à une zone homogène de qualité de l’eau. Dans ce cadre, l’eau potable fait l’objet de deux types de contrôles différents, mais étroitement complémentaires.

 

Le contrôle sanitaire des eaux distribuées est assuré par l’ARS, qui fait réaliser les prélèvements et analyses par un laboratoire agréé et consolide les résultats avant d’en diffuser une synthèse. Sur un an, les taux de conformité réglementaire ont ainsi été de 99,6 % en microbiologie - autrement dit, la qualité bactériologique (recherche de bactéries du type entérocoques ou Escherichia coli) - et de 100 % en physico-chimie (composition de l’eau, présence de plomb, de pesticides…). Les 0,4 % de résultats non conformes correspondent à des taux très faibles, sans danger pour la santé des usagers. À titre indicatif, les niveaux de conformité observés au niveau national se situent, selon les sites, entre 85 % et 100 %.

De son côté, Eau de Paris assure une autosurveillance de la qualité. Les résultats obtenus sont très proches de ceux relevés par l’ARS : 99,8 % de conformité pour la qualité bactériologique et 99,7 % pour la qualité physico-chimique.

Quelques chiffres clés :

  • 1 million de mesures de surveillance par an
  • Des analyseurs en continu sur une soixantaine de paramètres qualité essentiels
  • Une direction de la Recherche & Développement et de la Qualité de l’eau de plus de 75 personnes
  • Un programme de recherche sur les pollutions émergentes
  • Un taux de conformité microbiologique de 99,5 %
  • Un taux de conformité physico-chimique de 100 %
  • 50 000 échantillons chaque année et plus de 300 000 paramètres mesurés

Visionnez le film sur le laboratoire d’Eau de Paris