Les fontaines à Paris

La ville de Paris a fait le choix d’une gestion de l’eau dynamique et responsable, résolument tournée vers la promotion du développement durable. Ceci afin de contribuer à moderniser la ville et à la rendre plus solidaire. C’est pourquoi Eau de Paris s’attache à développer la présence de l’eau dans la ville en favorisant son accès à tous. En effet, 79 %* des Parisiens savent qu’il est possible de boire de l’eau potable aux fontaines, mais 70 % d’entre eux ne le font jamais ou rarement.
* Etude Ifop pour Eau de Paris, « Les usages de la consommation du robinet en tant qu’eau de boisson à Paris », octobre 2011.

Les premières fontaines publiques sont apparues au XIIIe siècle à Paris. Aujourd’hui, on y dénombre 1 200 points d’eau potable.

1550 - La fontaine des Innocents

La fontaine des innocentsTrônant au centre de la place Joachim-du-Bellay (1er arr.), cette fontaine Renaissance, classée monument historique en 1862, est étroitement liée à l’histoire de la capitale. Déplacée deux fois, elle a connu diverses modifications au fil des siècles. Retour au… XIIIe siècle : le roi Philippe Auguste dote Paris de ses trois premières fontaines publiques, puisant dans l’aqueduc de Belleville. La fontaine des Innocents, alors à l’angle de la rue Saint-Denis et de l’actuelle rue Berger (1er arr.), est l’une d’entre elles. Elle sera reconstruite non loin de là en 1550 par le sculpteur Jean Goujon et l’architecte Pierre Lescot en l’honneur de Henri II.

1733 - La fontaine Maubuée

La fontaine MaubuéeC’est l’une des plus anciennes fontaines de Paris. On la trouve mentionnée en 1392 dans les lettres patentes du roi Charles VI destinées à mettre un terme aux concessions particulières accordées ou usurpées sur les eaux de Paris. Elle doit son nom – qui signifie « mauvaise buée » ou « mauvaise lessive » – à la mauvaise qualité de ses eaux provenant des sources de Belleville. La fontaine que l’on peut admirer aujourd’hui fut construite en 1733 par Jean Beausire et son fils Jean-Baptiste Augustin. Elle fut démontée en 1937 pour rejoindre son emplacement actuel, en face du Centre Pompidou (4e arr.).

 

1872 - Les fontaines Wallace

Fontaine wallaceElles sont reconnues dans le monde entier comme un symbole de Paris. Ces fontaines doivent leur nom à leur créateur, l’anglais Richard Wallace, qui finança leur édification à la fin du XIXe siècle. A l’époque, leur mission est à la fois esthétique et sanitaire : embellir la ville, permettre aux Parisiens de se désaltérer et améliorer leur bien-être et leur hygiène. L’eau courante à domicile n’est pas encore de mise, mais les grands travaux d’urbanisme menés par le baron Haussmann ont permis d’optimiser les sources d’approvisionnement en eau de la capitale. La première Wallace est inaugurée en 1872. L’engouement est immédiat. Aujourd’hui, on en dénombre 119 et elles fonctionnent comme au premier jour.

 

2002 - Les fontaines à l’Albien

Fontaine AlbienEn 1855, des forages entrepris dans la nappe de l’Albien mettent au jour une demi-douzaine de puits artésiens, puits d’où l’eau jaillit spontanément sans pompage. Si les forages anciens ont été condamnés depuis, cinq nouveaux puits ont été réalisés entre 1996 et 2002 ; tous servent aujourd’hui d’approvisionnement en eau de secours. Trois d’entre eux sont équipés de fontaines publiques situées place Paul Verlaine (13e arr.), square Lamartine (16e arr.) et square de la Madone (18e arr.). Signe particulier : elles contiennent une eau faiblement minéralisée et très riche en fer.  Elles sont donc équipées d’un système qui régule la quantité de fer afin de rendre l’eau propre à la consommation.

Chaque année, une ou deux fontaines Wallace subissent un lifting complet dans les ateliers d’Eau de Paris…

Un chantier de trois semaines

Eté 2012. La fontaine Wallace du boulevard Richard-Lenoir (11e arr.) a bien besoin de se refaire une beauté. La belle centenaire en fonte est donc extirpée de son lit à l’aide d’une grue pour être transportée dans les ateliers d’Eau de Paris où des mains attentionnées et expertes l’attendent. Première étape : socle, corps, dôme et cariatides sont démontés pour un traitement sur mesure. Chaque élément est brûlé, brossé puis repeint afin de retrouver son relief initial. Place ensuite aux réparations. Dans la mesure du possible, les pièces d’origine sont conservées et consolidées. Leur remplacement n’est qu’un ultime recours. Une fois la remise à neuf terminée, la fontaine est réassemblée puis une première couche de peinture est appliquée. Son retour sur site est désormais possible. Encore quelques retouches (pose d’un nouveau flexible d’alimentation, seconde couche de peinture, désinfection), et la voilà, flamboyante, prête à être remise en eau. 

 

Merci Wallace ! 

Wallace

Paris peut remercier Sir Richard Wallace (1818-1890). Emu par les souffrances endurées par les Parisiens durant le siège de 1870-1871, qui avait privé la capitale d’eau courante, cet Anglais fortuné a fait don à la ville de 50 fontaines à boire. Il existe trois types de Wallace : les petits modèles, simples bornes à bouton poussoir ; les modèles « en applique », accolés le long des murs ; et le modèle à colonnettes, doté d’un dôme soutenu par quatre cariatides, comme celui présenté ici. Ce dernier constitue aujourd’hui un élément remarquable du patrimoine parisien.   

 

Profession : porteur d’eau ! Les porteurs d’eau ont longtemps fait partie du quotidien des Parisiens. Ces « maîtres de l’eau » s’approvisionnaient dans la Seine ou aux fontaines publiques et vendaient leur butin dans les rues en criant : « A l’eau, à l’eau ! » Ils disparaissent en 1880 avec l’arrivée de l’eau courante dans les immeubles.

Dans les rues et les jardins parisiens, l’eau potable – bien commun de l’humanité – doit être accessible à tous. Et les fontaines sont au cœur de cet enjeu…

  • La sanisette et les dispositifs solidaires. Gratuite depuis 2006 et accessible aux handicapés, la sanisette a une autre particularité méconnue : elle distribue de l’eau potable. Paris en compte près de 400. De nouveaux modèles, conçus par le designer Patrick Jouin, remplacent peu à peu les plus anciens. Une accessibilité maximale qui trouve son prolongement dans divers dispositifs mis en place par la ville et sa régie, Eau de Paris, en faveur des plus démunis : ouverture de 18 points d’eau durant tout l’hiver, distribution de gourdes aux sans-abris durant la période estivale, mise à disposition de jerricanes pour les équipes de maraude…
  • La Millénaire. Des silhouettes dos à dos évoquant des Venus contemporaines. Surnommées les « porteuses d’eau », ces fontaines ont été créées par l’agence Radi Designers à l’occasion d’un concours lancé pour le passage à l’an 2000. Il en existe quatre : sur le parvis de Notre-Dame (4e arr.), place Saint-Michel (6e arr.), sur le quai François-Mauriac et à la Bibliothèque François-Mitterrand (13e arr.).
  • La Totem. Sobre et élégante. Fonctionnelle et légère. Telles sont les caractéristiques de cette nouvelle fontaine à boire conçue dans les ateliers d’Eau de Paris. Réalisée en inox, un matériau durable, elle est présente, depuis le printemps 2012, sur le parvis de l’Hôtel de ville (4e arr.). C’est aussi elle qui garnit les berges offertes aux piétons depuis 2013.
  • Les Poings d’eau. De drôles de silhouettes en fonte représentant des dandys africains guettent l’usager du tram T3, entre la porte d’Ivry et la porte de la Chapelle depuis octobre 2012. De l’art ? Oui ! Ces fontaines, déclinées en cinq modèles, sont l’œuvre de l’artiste Pascale Marthine-Tayou.
  • La Pétillante. Envie de bulles dans la rue ? Vous avez l'embarras du choix :  direction le jardin de Reuilly (12e), le Parc André Citroën (15e),  le siège social d’Eau de Paris au 19 rue Neuve Tolbiac (13e), les jardins d'Éole (Paris 18e), le  parc Martin Luther King ZAC Batignolles (17e) ou les berges de Seine  4, quai Anatole France (7e). Vous y dégusterez de l’eau fraîche et pétillante toute l’année… .
  • L’Arceau. Sa forme en « o » et son design épuré sont immédiatement reconnaissables. Mais la designer Cécile Planchais a poussé plus loin ses exigences en faisant de sa fontaine un objet facilement appropriable : elle est conçue pour permettre à tous de se désaltérer facilement (piétons, cyclistes, adultes, enfants et aussi personnes en situation de handicap).

Découvrez en images toutes les fontaines de Paris...

 

* Etude Ifop pour Eau de Paris, « Les usages de la consommation du robinet en tant qu’eau de boisson à Paris », octobre 2011.

Les 1 200 fontaines à boire sont alimentées par le même réseau que celui qui dessert l’ensemble des immeubles parisiens et donc l’eau qui coule est la même que celle du robinet. Ainsi, les fontaines sont alimentées en eaux souterraines ou en eaux de rivières en fonction des quartiers dans lesquels elles se situent. Quelque soit son origine, l’eau des fontaines est de bonne qualité.

Le Saviez-vous ?

Pour qu'elle soit toujours de bonne qualité, l’eau coule en continu aux fontaines Wallace. Cet écoulement évite la stagnation de l’eau et le développement des bactéries. Pour les autres fontaines, il faut toujours laisser couler l’eau quelques instants avant de la boire.

 

Favoriser l’accès à l’eau même en hiver

Fontaine wallace sous la neigeTraditionnellement les fontaines publiques sont fermées en hiver, quand les températures passent en dessous de 0°c. En effet, en plus de créer des problèmes de sécurité aux abords des fontaines (sols glissants), le gel endommage les canalisations en cuivre, notamment celles des fontaines Wallace. Pour que les parisiens les plus démunis continuent de disposer d’eau potable, Eau de Paris a décidé de maintenir en hiver une quinzaine de bornes fontaines dites à « bouton poussoir ». Ces points d'eau sont choisis en lien avec les services sociaux de la Ville, et sont recensés dans le guide Solidarité à Paris.

La Ville de Paris souhaitant engager des économies d’eau sur les fontaines Wallace, qui coulent de façon permanente, s’est rapprochée d’Eau de Paris afin d’étudier la mise en place d’un système de temporisation sur ces fontaines sous la forme d’un bouton poussoir.

Depuis sa création au XIXè siècle, la fameuse fontaine Wallace, présente dans une centaine d'endroits dans Paris, coule de façon permanente quand elle n’est pas arrêtée en hiver pour risque de gel. Cet écoulement continu de l'eau provenait à l’origine d’une préoccupation sanitaire. Un siècle plus tard, c’est aux enjeux environnementaux que doivent répondre les ingénieurs d'Eau de Paris et notamment à l’économie de l’eau au sortir des Wallace.

Une solution technique discrète et fonctionnelle

Patrimoine historique parisien, la solution technique à apporter sur les fontaines Wallace devait être discrète pour ne pas nuire à l’esthétique de l’oeuvre. La solution proposée par Eau de Paris consiste en la mise en place d’un système de temporisation de l’accès à l’eau sous la forme d’un bouton poussoir en inox, cette matière assurant sa visibilité. Le bouton se situera à environ 80/90cm du sol en fonction de la fontaine. Le bouton poussoir sera paramétré pour une distribution de 40 à 50cL d’eau, quantité suffisante pour remplir une gourde. Le système de commande poussoir sera intégré directement à l’intérieur du corps de la fontaine Wallace.

L'expérimentation de cette solution de gestion de l'eau économe aux fontaines Wallace permettra de mesurer les critères suivants :

  • Niveau de la consommation d’eau ;
  • Niveau de la qualité sanitaire de l’eau ;
  • Pertinence de la technique « bouton poussoir » employée ;
  • Impact social et environnemental ;
  • Niveau de propreté.

Des fontaines Wallace plus économes

Si ce système de temporisation se révèle concluant, les bénéfices seront nombreux entre économies d’eau, qualité de l’eau supérieure et propreté des fontaines (absence de traces d'eau).

En fonction des résultats, le système de temporisation pourra être généralisé à l'ensemble du parc des fontaines Wallace.


Retrouvez les 5 fontaines parisiennes sélectionnées pour l’expérimentation :

Le saviez-vous ? Chaque hiver, Eau de Paris vous informe sur les fontaines qui restent ouvertes. Si cette expérimentation se révèle concluante, les fontaines Wallace pourront rester ouvertes en période hivernale ; ce qui renforcera la volonté de l’entreprise publique d’un accès universel à l’eau potable tout au long de l’année.