L’EAU DE PARIS

L’eau de Paris a deux origines. Elle provient à parts égales d’eaux souterraines et d’eaux de rivière. Cette diversité d’alimentation est précieuse : grâce à une large capacité de production, elle garantit un approvisionnement continu de la capitale. Elle permet également de faire face plus efficacement à tout incident en mobilisant alternativement d’autres ressources. 

Où se trouvent les eaux souterraines qui nous alimentent en eau à Paris ?

Dans le cycle de l’eau, les nappes phréatiques sont alimentées par les eaux de pluie ou de surface qui s’infiltrent dans le sol. L’eau de Paris est filtrée naturellement par les différentes couches géologiques du bassin parisien. Les eaux souterraines sont captées dans les sources de la région de Sens, Provins, et Fontainebleau au sud de Paris, et de Verneuil-sur-Avre et de Dreux à l’ouest de Paris. 180 000 hectares, constituant les bassins d’alimentation de captage, contribuent au total à nourrir en eau de pluie ces nombreuses sources. Ces eaux prélevées sont ensuite acheminées jusqu’à Paris par des aqueducs. La source la plus éloignée se situe à 156 kilomètres dans la région de Sens.

Quelles sont les rivières où est puisée l’eau de Paris ?

Paris est alimentée en eau par la Seine et la Marne, à partir de deux pompages situés au sud-est de la capitale. Ces eaux sont captées pour fabriquer de l’eau potable et compléter ainsi l’approvisionnement des Parisiens. Le débit de ces deux rivières est soutenu en été par des réservoirs situés très loin de Paris, permettant de garantir une alimentation en eau de rivières en toute saison. Bien entendu, les rivières sont plus exposées aux pollutions diverses que les sources, mais l’eau vivante des rivières se renouvelle et se régénère toute seule bien plus vite.

Le principe de base pour rendre potable l’eau des rivières consiste d’abord à clarifier l’eau par trois étapes successives, selon un procédé qui reproduit la filtration naturelle par le sol. Les phénomènes sont accélérés pour garantir les quantités nécessaires aux besoins des consommateurs. Vient ensuite un traitement de pointe aux ultraviolets qui permet d’éliminer complètement les dernières traces de virus et de bactéries. Pour les eaux souterraines, les usines d’Eau de Paris traitent notamment les pesticides, les bactéries, les parasites et la turbidité de l’eau grâce à un processus de décantation, d’ultrafiltration et de désinfection.

La clarification est un procédé de filtration de l’eau qui vise à éliminer les particules en suspension présentes dans l’eau. Sur l’ensemble du réseau servant à l’approvisionnement en eau de Paris, de nombreux analyseurs en continu vérifient que la clarification de l’eau s’est bien déroulée. En effet, avant la phase de désinfection à l’hypochlorite de sodium, il faut s’assurer que la turbidité de l’eau est faible ; la désinfection ne marcherait pas sur une eau trouble.

La turbidité correspond à la quantité de particules en suspension dans l’eau. Il faut savoir que 99% de la pollution se situent sur les particules en suspension. Si la turbidité est basse, cela signifie que l’on a éliminé la pollution chimique, biologique et microbiologique.

L’ozonation est un traitement chimique par oxydation des composés présents dans l’eau. Ce traitement a deux rôles : désinfection et oxydation, pour éliminer les polluants chimiques de l’eau. La quantité d’ozone est contrôlée régulièrement, pour vérifier si la dose censée tuer les bactéries et les virus a été suffisante.

Selon les quartiers, le Parisien peut percevoir des différences de goût dûes à l'origine de l'eau mais surtout à sa température. L’eau souterraine a en effet une température constante autour de 12°C alors que celle de l’eau de rivière varie entre 4 et 25°C selon les changements saisonniers. En se réchauffant un peu, certaines saveurs, que vous ne ressentez pas quand l’eau est fraiche, apparaissent.

L’eau souterraine a une température constante autour de 12 °C tout au long de l'année, alors que celle de l’eau de rivière varie entre 4 et 25 °C selon les changements saisonniers. En se réchauffant un peu, certaines saveurs, que vous ne ressentez pas quand l’eau est fraîche, apparaissent.

Il n’existe pas de température optimale pour boire de l’eau : ce critère varie en fonction des goûts de chacun d’entre nous. Les professionnels de la santé s’accordent à dire que l’eau peut être bue fraîche, entre 10 et 12 °C, ou à température ambiante. Cela dépend en réalité de la température extérieure.

Si votre eau a un aspect blanchâtre ou laiteux, cela peut être dû à la présence d’air sous forme de très fines bulles. Aucune anomalie cependant n’est à chercher du côté de la qualité de votre eau du robinet. Laissez reposer votre eau quelques minutes dans une carafe, et vous verrez qu’elle retrouvera vite sa transparence. Notez que ce phénomène est plus fréquent si vous habitez à un étage élevé d’un immeuble en raison de la pression nécessaire pour faire monter l’eau.

Une couleur rouille peut être décelée. Dans le réseau public qui dessert votre immeuble, l’eau acheminée est de bonne qualité. Il se peut néanmoins qu’un réseau intérieur, détérioré, altère cette qualité. En effet, un mauvais entretien, une conception défectueuse ou une tuyauterie trop ancienne, à l’intérieur des immeubles, peuvent provoquer une corrosion. En attendant de changer les canalisations, évitez de consommer la première eau que vous tirez de votre robinet le matin. C’est en stagnant que l’eau se charge des dépôts liés à la corrosion des canalisations. N’hésitez pas à le signaler à Eau de Paris.

Paris affiche le meilleur réseau d’eau potable de France. Le rendement est maximal : 91,4 % de l’eau injectée dans les conduites est consommée par les habitants de la capitale (indicateur Onema). Ce résultat exceptionnel est, en premier lieu, l’œuvre du préfet Haussmann, qui, au XIXe siècle, a confié à l’ingénieur Belgrand la réalisation d’un nouveau système d’alimentation en eau de la capitale via des galeries souterraines. Ces galeries donnent accès aux 1 800 km de canalisations à pied. Un cas unique en France, qui permet de détecter et de réparer très vite la moindre fuite. Ce rendement élevé est d’ailleurs la première raison de la baisse de la consommation de l'eau à Paris.